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1.12.12
Solidarité
Aujourd'hui, le musicien Martin Léon raconte une anecdote de voyage sur les ondes de Radio-Canada. Au Laos, il partage un repas lorsque son hôte reçoit la visite d'un voisin. Discussion sur le pas de la porte, puis l'hôte pointe vers son jardin. Le voisin s'y rend ensuite et y travaille. Léon demande des explications. Son hôte explique que son voisin ne va pas bien. Il est déprimé. Dans un tel contexte, la coutume chez eux est d'offrir ses services à qui le veut bien.
3.4.12
8.2.12
13.4.11
La santé jusqu'à la fin de vos jours
La santé des finances publiques est directement liée aux coûts publics des soins de santé. Parce que ces soins représentent une large part des dépenses publiques. Et surtout parce que rien n'indique que ces coûts vont aller en diminuant.
Depuis le milieu du XXième siècle, notre médecine est devenue scientifique. Un effort commun a été déployé pour comprendre les causes des maladies et les traiter par la méthode scientifique. En quelques décennies, nous avons assisté à une révolution, avec pour conséquence l'augmentation notoire de l'espérance de vie. De même pour notre qualité de vie, que ce soit avant, pendant ou après le traitement d'une maladie.
Ces gains ont un prix. Recherches médicales, technologies, études cliniques, procédures et thérapies; tout cela engendre des coûts, sans compter la bienveillante bureaucratie requise afin que nous puissions tous en bénéficier. Notre beau système de santé ne vit pas du parfum des roses; il vit des ressources que nous injectons collectivement.
Or les nouvelles avancées de la médecine sont de plus en plus sophistiquées, de plus en plus onéreuses. Si je suis prêt à payer plus, j'obtiendrais de meilleurs soins. Est-il souhaitable que nous ayons tous accès à ces meilleurs soins? Facile de dire oui à ce principe. Dans les faits, c'est autre chose. Un exemple parmi d'autres: ici, nous avons tous droit aux soins gratuits pour une cataracte. Mais pour un implant souple, il faut payer un supplément. L'explication est simple: dans les conditions actuelles, donner à tous le meilleur serait exorbitant.
La nouvelle médecine n'est pas servie également. Ce fait heurte notre sens profond de la justice. Je parle ici de la justice comme équité; de notre droit égal à la poursuite du bonheur, la principale condition de cette poursuite étant la santé. Il est possible d'améliorer l'efficacité donc l'accessibilité de la nouvelle médecine. Mais ça n'en réduira pas nécessairement les coûts.
Augmenter la durée et la qualité de nos vies, nous somme tous pour ça. Mais somme-nous prêt à en payer le prix pour tous?
Depuis le milieu du XXième siècle, notre médecine est devenue scientifique. Un effort commun a été déployé pour comprendre les causes des maladies et les traiter par la méthode scientifique. En quelques décennies, nous avons assisté à une révolution, avec pour conséquence l'augmentation notoire de l'espérance de vie. De même pour notre qualité de vie, que ce soit avant, pendant ou après le traitement d'une maladie.
Ces gains ont un prix. Recherches médicales, technologies, études cliniques, procédures et thérapies; tout cela engendre des coûts, sans compter la bienveillante bureaucratie requise afin que nous puissions tous en bénéficier. Notre beau système de santé ne vit pas du parfum des roses; il vit des ressources que nous injectons collectivement.
Or les nouvelles avancées de la médecine sont de plus en plus sophistiquées, de plus en plus onéreuses. Si je suis prêt à payer plus, j'obtiendrais de meilleurs soins. Est-il souhaitable que nous ayons tous accès à ces meilleurs soins? Facile de dire oui à ce principe. Dans les faits, c'est autre chose. Un exemple parmi d'autres: ici, nous avons tous droit aux soins gratuits pour une cataracte. Mais pour un implant souple, il faut payer un supplément. L'explication est simple: dans les conditions actuelles, donner à tous le meilleur serait exorbitant.
La nouvelle médecine n'est pas servie également. Ce fait heurte notre sens profond de la justice. Je parle ici de la justice comme équité; de notre droit égal à la poursuite du bonheur, la principale condition de cette poursuite étant la santé. Il est possible d'améliorer l'efficacité donc l'accessibilité de la nouvelle médecine. Mais ça n'en réduira pas nécessairement les coûts.
Augmenter la durée et la qualité de nos vies, nous somme tous pour ça. Mais somme-nous prêt à en payer le prix pour tous?
2.12.10
Mono Lake, California


En ce lieu d'une beauté austère, il existe une bactérie se nourrissant d'arsenic. Encore une fois, la réalité rattrape la fiction.
Une étonnante découverte.
6.11.10
Requiem pour un chat
Pierre Foglia est un grand écrivain québécois. Dans sa chronique d'aujourd'hui, intitulée Novembre, il nous parle d'un de ses animaux de compagnie en fin de vie. L'extrait qui suit est remarquable :
Je suis arrivé chez la vétérinaire bien avant l'heure de mon rendez-vous. Je le tenais dans mes bras, enveloppé dans un jeté de laine. Je le berçais en arpentant la salle d'attente, où j'étais seul avec la réceptionniste. Je vous énerve, à marcher comme ça?
Un monsieur assez corpulent est arrivé avec une grande, grande croix sur la poitrine. Il venait acheter de la bouffe pour chien. Je lui ai demandé s'il était curé.
Non, j'ai la foi.
Alors c'est une grande grande foi comme votre grande, grande croix?
Si vous voulez. Votre chat a été frappé?
Non. Il est malade. Il va mourir.
Vous êtes triste?
Pas triste. Abattu, comme chaque fois que je m'approche de la mort, qu'elle est là, pas loin, que je sens sa fade présence. Abattu de vivre si peu et si mal. Je ne sais pas si vous me comprenez.
Très bien, m'a dit le gros monsieur en me souriant aimablement.
J'arpentais toujours la salle d'attente en berçant Bardeau, je sentais sous ma main son coeur qui sautait comme un dauphin. Je suis allé lui montrer la cage des perruches: T'en veux une?
La vet est arrivée. C'est allé très vite.
Il pleuvait quand je suis sorti. Le temps de traverser le stationnement, le jeté était tout mouillé. Entre Farnham et Bedford, je n'arrêtais pas de penser à ce que j'avais dit au gros monsieur avec une grande, grande croix sur la poitrine : si peu et si mal. S'il y avait eu une librairie en chemin, je m'y serais arrêté. Un chocolat chaud à l'OEuf? L'OEuf est fermé pour les vacances annuelles. Je ne voulais pas rentrer tout de suite, enterrer Bardeau sous la pluie, et puis la journée s'effilocherait, et puis... comment j'avais dit ça, déjà? C'est ça : si peu, si mal.
25.12.09
13.9.09
La machine à expérience

Imaginez une machine à expérience, capable de vous procurer toutes les expériences que vous souhaitiez. De talentueux neuropsychologues pourraient stimuler votre cerveau, de telle sorte que vous vous pensiez et sentiez en train d'écrire un grand roman, d'établir un lien d'amitié ou de lire un livre intéressant. Tout ce temps, vous flotteriez dans un réservoir, des électrodes fixées à votre cerveau. Pourriez-vous vous brancher à cette machine pour la vie, en y pré-programmant tous vos désirs? (...) Bien sûr, vous n'auriez jamais conscience de baigner dans un réservoir; seule la réalité simulée serait sentie. Chacun pourrait se brancher à une machine pour avoir les expériences qu'il veut, sans égard à autrui. (Ignorez les problèmes, comme celui de savoir qui ferait l'entretien des machines si tous le monde se branchait.) Vous brancheriez-vous? Qu'est-ce qui compte pour nous, mis à part comment nos vie sont senties de l'intérieur?
Robert Nozick, Anarchy, State and Utopia.
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