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25.2.12

Le sophisme de la tarte

La plupart des sophismes économiques découlent de la tendance à présumer qu'il n'y ait qu'une tarte d'un format limité, et que la pointe prise par l'un l'est au détriment d'autrui.
Milton Friedman

12.12.11

Patience!

Au terme de leur congrès cette dernière fin de semaine, Québec Solidaire nous annonce que son programme politique sera complété à 75%.

Patience mes amis! Le jour où ce programme sera publié dans son intégralité, lorsqu'il sera chiffré avec une plateforme électorale, il fera ici l'objet d'une minutieuse analyse critique. Sans blagues, sans sophismes et sans rhétorique. Uniquement des arguments rationnels.

Khadir, David, Montmarquette et compagnie veulent un débat de société? Je vous prie de me croire - puisqu'il faut pas compter sur nos journalistes analphabètes en matière économique pour ça - leur débat, ils l'auront! 

26.11.11

Choisir le moindre mal

Dans le New York Times d'hier, y a cet éditorial sur Ron Paul. Avant de conclure avec Gail Collins que le type, bien que sympathique, est un demeuré, méditez ces paroles de Mayer A. Rothschild :

 Give me control of a nation's money and I care not who makes the laws.

Qui voulez-vous comme maîtres? Des opportunistes? Des banquiers? Des philosophes? Choisissez. C'est plate, y a pas d'autre option...

31.10.11

On jase, là...

L'homme d'affaire libertarien Peter Schiff se rend au site d'OWS à Manhattan, question de piquer une jasette. Ce que ça donne:


Son commentaire suite à l'expérience, sur Business Insider.

8.9.11

L'économie conçue comme une bagnole

Visualisez l’économie comme une automobile. Croire que son moteur est l’État; voilà l'erreur socialiste. Comme de penser que le plan Marshall ait relancé à lui seul l'économie des États-Unis dans l'après guerre. Ou féliciter Barack Obama de produire 300 milliards de dollars en dépenses publiques avec la conviction que ça remette l'Amérique en vitesse de croisière.

L'État, au fond, n’est qu’une des composantes du moteur, disons son système d’injection. Une partie essentielle, j’en conviens. Mais pas la seule. Et pour l'essence, faut payer à la pompe.

19.8.11

Le problème des médias avec Ron Paul

I think Mr Paul's influence on the ideological cast of American conservatism has been underestimated and underreported, but to take even his influence, if not his candidacy, more seriously would require the talking haircuts and the newspaper typing corps to wrestle with a charged set of geopolitical and economic topics they would rather continue helping Americans not understand. 
Je pense que l'influence de M. Paul sur l'univers idéologique du conservatisme américain a été sous-estimée et sous-représentée. Mais pour prendre au sérieux son influence, à défaut de sa candidature, il faudrait que les coupes de cheveux parlantes et les membres de la presse écrite démêlent un ensemble dense de sujets économiques et géopolitiques, plutôt que d'aider les américains à ne pas comprendre ces sujets.
The Economist

16.8.11

Mars attaque!

Une des rares raisons d'accorder du temps à CNN est l'émission de Fareed Zakaria, GPS. Comme pour ce récent débat, entre Paul Krugman et Kenneth Rogoff.


À la fin de la première partie, Krugman se défend de souhaiter une guerre pour redresser l'économie américaine. Pourtant, dans la deuxième partie, il revient avec l'hypothèse d'une menace extra-terrestre, menace dont les préparatifs guerriers entraîneraient des effets bénéfiques!


Je comprends la base théorique sur laquelle Krugman défend ses politiques; demande agrégée, effet de l'inflation sur la dette, etc. Mais c'est surtout cette réfutation keynésienne de la théorie de la vitre cassée de Bastiat qui me sidère. En quoi produire n'importe quoi - à plus plus forte raison un produit dont la fonction est de détruire - ou en quoi produire sans considération du coût peut, en bout de ligne, être bon?

15.8.11

Petits et gros bandits



Pat Bagley, The Salt Lake Tribune, 12 août 2011.

Pendant ce temps, l'oracle d'Omaha nous refait son sermon sur la montagne, lui qui, grâce à cette escroquerie, a fait bénéficier Berkshire Hathaway d'une des meilleure passe de l'année.

1.8.11

Nombres

Selon Wolfram Alpha, il y aurait dans notre galaxie deux à quatre cents milliards d'étoiles. Moins du tiers que le présent déficit des États-Unis d'Amérique en dollars. Chiffres astronomiques? Disons dorénavant chiffres économiques.

5.5.11

Les pouvoirs qui s'ignorent

Exiger des réponses, c'est bien. Mais faut poser les bonnes questions.

Nos journalistes syndiqués se désolent de l'élection majoritaire des conservateurs. Un parti mené par un économiste qui les ignore. Faut dire que parmi eux, peu ruminent The Economist. Sont plutôt du genre Huffington Post ou Reddit. Sur le plan de l'économie politique, les éditoriaux de Paul Krugman au NYT suffisent amplement. Potasser plus avant les principes, les faits et surtout les chiffres, c'est ennuyant et difficile.

Pourtant, la politique est inféodée à l'économie, pas l'inverse. Ça au moins, Marx l'avait compris...

12.3.11

Capitalisme des copains

Voilà enfin l'expression juste pour traduire crony capitalism! Je donne crédit à l'essayiste Guy Sorman, qui l'utilise dans une lettre d'opinion publiée récemment dans La Presse ainsi que sur son blogue.

Je répète que cette expression n'a rien à voir avec capitalisme sauvage. Cet article francophone douteux de Wikipédia traduit plutôt à quel point il y a trop d'intellectuels francophones à côté de la plaque ou de mauvaise foi en matière d'économie politique.

14.2.11

Manger le futur

Je vois pas où Paul Krugman s'en va avec sa gymnastique keynésienne, si bien intentionnée soit-elle. La situation américaine est désastreuse. Les solutions proposées par Obama reviennent à combattre un feu de forêt avec un Super Soaker. Ce qui mange le futur de l'Amérique, par delà les politiques douteuses d'un parti ou d'une idéologie, c'est son endettement :

5.2.11

L'homme de paille des intellectuels

Joseph Schumpeter est un des rares auteurs découverts durant mes études universitaires que j'ai plaisir à relire. Pas pour ses talents littéraires, oh non! Sa démarche à la fois économique, historique et sociologique avait le mérite de la rigueur, pas de l'élégance. Comme Mises ou Hayek, il écrivait mal, mais comme eux Schumpeter était solide dans les trois disciplines.

Reconnu pour sa théorie de l'innovation comme moteur premier de toute économie, un récent texte d'opinion, publié dans La Presse du 3 février dernier, confirme une autre de ses théories : le rôle prépondérant des intellectuels dans la dégradation du capitalisme.

Selon Schumpeter, une conséquence importante du capitalisme est l'essor du système éducatif. Essor bénéfique, il va sans dire. Mais qui entraîne une surproduction d'intellectuels par rapport aux besoins réels de la société. La loi de l'offre et de la demande étant ce qu'elle est, plusieurs de ces intellectuels se voient relégués aux lignes de côté du jeu capitaliste. Leur intérêt consiste alors à remettre en question ce modèle, en nourrissant l'opinion publique de discours contre l'argent et l'esprit d'entreprise. Dès lors, on les voit monter aux barricades de toutes ces idéologies qui, directement ou non, constituent un frein au capitalisme.

Outre ces attaques hostiles répétées, qui finissent par galvaniser l'opinion publique, le système capitaliste se sclérose de l'intérieur, pour des raisons sociales et politiques. Peu à peu, les intellectuels investissent l'État, gonflant les rangs de sa bureaucratie. Dès lors, les gouvernements démocratiquement élus privilégient l'économie planifiée; l'État-providence devient la loi. Ces gouvernements développent un régime fiscal de plus en plus envahissant. L'accroissement des transferts de revenu des producteurs vers les non-producteurs décourage l'épargne et l'investissement au profit de la consommation.

La conséquence à long terme de cet interventionnisme est une baisse de croissance et l'inflation. On parlerait aujourd'hui de stagflation, terme que Schumpeter ignorait mais qu'il aurait sans doute approuvé. Comme remède à ce phénomène funeste, ces mêmes gouvernements ont tendance, pour garantir leur réélection, à privilégier des politiques à court terme plutôt qu'à long terme, des politiques du genre après nous le déluge. Un politicien oserait-il aller à contre-courant? Faute d'en faire un criminel, nos intellectuels s'escrimeront à le dépeindre dans l'opinion publique en imbécile (Ronald Reagan) ou mieux en inculte (Stephen Harper). Vous voyez le topo?

Aussi, comment être surpris quand un groupe d'intellectuels nie que la réduction des impôts favorise la croissance économique? D'autant plus que c'est du fardeau fiscal des entrepreneurs dont il est question? Ce maudit entrepreneur! Non cet individu ayant le goût du risque et l'esprit d'initiative, ce fondateur de petites et moyennes entreprises, ce moteur d'innovation à l'origine de toute économie saine! Pas lui! Plutôt ce maudit entrepreneur, celui qui vampirise le bon peuple!

Ces intellectuels, ces dénonciateurs de la rhétorique mensongère, ces travailleurs qui savent ce qu'est la vraie richesse, faut-il les croire sur parole? Oh non!

1.12.10

Démocratie, providence et spoliation

L'auteur d'un blogue libertarien intempestif résume avec des chiffres l'ornière guidant nos finances publiques délétères :
Au Québec, 3,6% des contribuables gagnent plus de 100 000$/an. Ce 3,6% de contribuables a payé 6,4 milliards de dollars en impôt, ce qui représentait 30,8% de tous les impôts perçus chez les particuliers.

Les 20% des contribuables les plus riches, revenus supérieurs à 51 056$, ont contribué à hauteur de 70,0% des impôts perçus chez les particuliers.

Les 40% des contribuables les plus riches, revenus supérieurs à 32 591$, ont contribué à hauteur de 91,4% des impôts perçus chez les particuliers. Autrement dit, les impôts prélevés chez le 60% des contribuables restants, revenus inférieurs à 32 591$, ne représentent que 8,6% des impôts perçus chez les particuliers.

Bref, une proportion importante de la population profite des avantages/programmes sociaux qui sont payés par une minorité. Voilà pourquoi le modèle québécois est devenu une vache sacrée: une majorité de la population peut contraindre une minorité à payer les factures.

20.11.10

Maître au bonnet d'âne

Paul Krugman, Nobel d'économie, éditorialiste du NYT et cheerleader de la Réserve fédérale, nous explique aujourd'hui que la game économique est un jeu à somme nulle - comme si la complexité économique pouvait être réduite en une simplicité politique! - tout en personnalisant des entités abstraites qui voudraient du mal au peuple américain :
It’s no mystery why China and Germany are on the warpath against the Fed. Both nations are accustomed to running huge trade surpluses. But for some countries to run trade surpluses, others must run trade deficits — and, for years, that has meant us. The Fed’s expansionary policies, however, have the side effect of somewhat weakening the dollar, making U.S. goods more competitive, and paving the way for a smaller U.S. deficit. And the Chinese and Germans don’t want to see that happen.
Hormis qu'il relativise honteusement la réalité de l'inflation, faudrait lui rappeler que si les américains ont un déficit commercial récurrent, ça tient peut-être moins aux politiques monétaires des méchants boches et asiates qu'à la qualité et la quantité de ce qui est produit ici en Amérique.

17.11.10

La plage et l'océan

Je commente sur un blogue économique. Résultat : on m'accuse d'être keynésien et on me somme d'expliquer ma théorie de la monnaie.

Je voudrais répondre à la question, livrer le fond de ma pensée : c'est la nécessité des échanges qui crée la monnaie, et c'est des banques privées, non des gouvernements, qui devraient gérer ça. L'État doit néanmoins encadrer, avec comme seul but le maintient de la paix sociale. Parce que si l'économie de marché est efficace, elle n'engendre pas par nature un équilibre perpétuel. Blablabla, blablabla...

Or voyez-vous, quand je vais au bout des mes idées, je me fais un peu peur. Je réalise mon ignorance. Comme un enfant qui ramasse des coquillages sur la plage, puis qui découvre avec effroi l'immensité de l'océan.

Comprenez-vous?

13.11.10

La Gauche, la Droite, le Plateau et le reste

J'ai déjà évoqué mon admiration pour Pierre Foglia, l'écrivain. Je l'aime moins quand il se mêle d'économie et de politique. Sur ces sujets, la faiblesse de ses arguments est souvent navrante.

Aujourd'hui, il s'en prend sans le nommer à Éric Duhaime, chroniqueur au Journal de Québec et idéologue de la droite. Comment? En le traitant d'imbécile. Deux fois plutôt qu'une. Disons que ça ne témoigne pas d'une grande maturité intellectuelle...

Son entrée en matière est de la même farine, le stratagème consistant à nier l'existence de ce qui est critiqué par son adversaire. Le Plateau? La Gauche? Ça n'existe plus ici. Il le sait le vieux Foglia, puisqu'il en était un insigne représentant. Et comme il l'avoue candidement :
C'est vrai qu'on jouait fort du clairon et du tambour, qu'on faisait marcher le Québec au pas de la social-démocratie et de la culture subventionnée.
Mais c'est fini maintenant; la gauche n'est plus aux commandes. Cette marotte revient sans cesse dans les commentaires de blogues québécois : tout est à droite aujourd'hui, même notre État ventripotent!

La caution de Foglia est un récent documentaire sur le néolibéralisme. N'ayant lu que le synopsis, je ne peux juger la pertinence de l'ensemble. L'idée générale est que la prédominance de l'idéologie néolibérale sert les intérêts de la classe des puissants, des possédants, pour ne pas dire des capitalistes. La bonne vieille dialectique marxiste nous attend dans le détour, y a pas de doute...

En bout de ligne, les visions qui s'opposent ici relèvent de l'acte de foi. Existe-t-il un insurmontable phénomène de rareté? S'enrichit-on nécessairement au détriment d'autrui? Débattre sereinement de ces questions est difficile, sinon impossible.